La vitesse de chargement des pages est un point de plus en plus travaillé lors de la création d’un site web. À cela, deux raisons majeures : le confort de l’internaute et la décision du moteur de recherche Google d’augmenter l’importance de ce critère dans son algorithme d’indexation. Si la seconde est une conséquence de la première, c’est néanmoins celle qui influence le plus les comportements : la prime à la vitesse. Mais la rapidité de chargement d’une page Internet est-elle un facteur majeur de positionnement en termes de référencement naturel ?

L’évolution du web

Les données disponibles sur le web sont en progression exponentielle, et les usages se modifient :

  • La consommation de vidéos sur YouTube, Netflix et autres est en forte expansion. Bien plus volumineuse et gourmande en bande passante que la consultation d’un texte illustré par quelques images, elle nécessite une vitesse de chargement importante. Netflix permet par exemple de regarder des vidéos en qualité Ultra HD nécessitant une vitesse recommandée de 25 mégabits par seconde.
  • Le cloud computing, consistant en l’utilisation de serveurs distants par l’intermédiaire d’Internet pour exploiter et stocker des données, accroît le besoin en ressources.
  • Les communications instantanées explosent littéralement (WhatsApp, FaceBook Live, Messenger, Telegram…).
  • Le e-commerce est de plus en plus férocement concurrentiel 

Tous ces facteurs semblent imposer une course à la performance web. Dans ce contexte, la rapidité de chargement d’une page web deviendrait-elle un critère SEO prioritaire ?

La vitesse, un critère de positionnement SEO ?

Sur ordinateur, la vitesse de chargement d’une page Internet est officiellement un critère de positionnement de Google depuis l’année 2010, et depuis 2018 sur mobile.Cependant, les moteurs de recherche, que ce soit Google, Bing ou Qwant, ont tous en tête un objectif majeur : la satisfaction de leurs utilisateurs. Or, que souhaite un utilisateur lambda lorsqu’il utilise ce type de service ?

  • Obtenir une réponse pertinente à sa recherche ou sa question,
  • Obtenir un panel de solutions de rechange si la première réponse n’est pas satisfaisante,
  • Être servi rapidement.

Il en résulte pour les moteurs de recherche que la priorité principale reste la délivrance d’informations de qualité, de réponses les plus justes possible à une requête, aussi imprécise soit-elle.

La vitesse, un critère de satisfaction pour l’internaute

L’impatience des internautes croît avec les années. Les statistiques montrent des taux de rebond considérables si une page web met plus de 3 secondes à s’afficher. Peu importe si les informations de cette page promettaient de répondre pleinement à sa recherche, l’internaute exige d’être servi rapidement.

En ce sens, une vitesse de chargement élevée d’un site Internet est devenue un critère de satisfaction majeur.

La vitesse, un facteur de conversion pour l’entreprise

Un site rapide est plus populaire qu’un site lent. En conséquence de quoi, la performance web est actuellement un facteur de conversion important. Sur un marché concurrentiel tendu, être plus rapide est un atout marketing sérieux.

Une expérience utilisateur agréable associée à une réponse satisfaisante permet de retenir le visiteur d’un site web et de le guider plus facilement vers le processus d’achat.

La qualité du contenu, encore et toujours

Mais quelle est l’utilité d’avoir un site rapide qui délivre des informations erronées, obsolètes, incompréhensibles, parcellaires ? La clé du positionnement SEO reste de fournir un contenu qualitatif. La pertinence de l’information et sa fraîcheur sont les critères déterminants pour accéder au top 3 des résultats de recherche sur Google et consorts.

Tout miser sur la rapidité d’un site en omettant la qualité rédactionnelle des contenus associée à une maîtrise des critères SEO on-site est donc inutile.

Quels facteurs jouent sur la rapidité de chargement ?

La rapidité de chargement d’une page Internet dépend de multiples critères. Du côté serveur (c’est-à-dire la machine qui héberge la page web), citons :

  • Son temps de réponse, dépendant :
    • du type d’hébergement selon la fréquentation du site (mutualisé, dédié, virtuel),
    • de l’utilisation d’un CDN (Content Delivery Network) qui distribue le contenu du site à différents endroits.
  • Le poids des pages, constituées de fichiers de code (HTML, CSS, JavaScript…), de fichiers images, vidéos, PDF : plus une page est « lourde », plus elle est longue à se charger. De nombreuses techniques d’optimisation et bonnes pratiques existent pour réduire ce poids au maximum, comme la compression des images et du code.
  • La mise en cache des éléments de la page dont la mise à jour constante n’est pas nécessaire : une page statique est chargée depuis le serveur à la première consultation, enregistrée dans un « cache », puis lue à partir du cache lors des consultations suivantes. Les données dynamiques sont alors les seules à être demandées au serveur à chaque consultation, d’où une division drastique du temps de chargement.

La mesure de la vitesse de chargement d’une page Internet

Pour mesurer la rapidité d’affichage d’une page web, de nombreux outils en ligne sont disponibles. Ils proposent en général une analyse fine du temps de chargement d’une page sur ordinateur et sur mobile, mettant en valeur les potentiels points d’achoppement. Ils formulent de multiples suggestions d’amélioration pour optimiser la page et ainsi améliorer le temps de chargement, si celui-ci pose problème.

Notons que tout propriétaire de site web peut travailler la vitesse de ses pages. Le populaire CMS WordPress, qui permet de créer rapidement un site sans pour autant être un expert du code HTML, CSS ou JavaScript, bénéficie de l’appui de nombreuses extensions (ou plugins). Si elles permettent d’optimiser certains critères jouant sur la rapidité de chargement, la complexité du sujet pour une optimisation poussée requiert l’intervention de professionnels spécialisés.

Parmi les outils les plus populaires, on trouve :

  • Google PageSpeed Insights,
  • Google Test My Site (outil orienté mobile uniquement),
  • GTMetrix,
  • Dareboost

La vitesse, un critère SEO parmi d’autres

La rapidité des sites (ou performance web) apparaît comme un critère SEO qui peut parfois, selon l’entreprise, le budget alloué au développement du site ou encore ses objectifs, prendre le pas sur d’autres critères.

Elle peut être un critère de différenciation dans un secteur très concurrentiel où les sites web possèdent déjà des contenus optimisés, bien fournis en liens entrants de forte qualité, pour garder le leadership ou tenter de s’en emparer.

Dans l’ensemble, toutefois, l’acessibilité technique aux moteurs, la sémantique et le netlinking restent fortement prioritaires en SEO.

La rapidité de chargement des pages d’un site web est donc plus importante au final comme facteur de conversion des visiteurs que de positionnement dans les résultats de recherche. L’importance de la vitesse de chargement en tant que critère SEO on-page reste limitée. Pour l’utilisateur final, mieux vaut arriver sereinement à bon port que très vite au mauvais endroit.

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